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La journée du 31 fut employée par nous à réparer Je pont deLesinont-sur-Aube, l’empereur voulant se porter de Troyes pour°Pérer sur les colonnes qui se dirigeaient, par Bar-sur-Aube etPar la route d’Auxerre, sur Sens.
Le pont de Lesmout ne peut être rétabli que le 1er Février au^latin. On fit filer sur-le-champ une partie des troupes.
A trois heures après midi, l’ennemi ayant été renforcé de toutes °n armée, déboucha sur la Rothière et Dienville que nous occu-pions encore. Notre arrière-garde fit bonne contenance. Legénéral Duhesme s’est fait remarquer en conservant la Rothière,e t le général Gérard eu couservant Dienville. Le corps au-trichien du général Giulay, qui voulait passer de la rive gauche®ur la droite et forcer le pont, a eu plusieurs de ses bataillonsdétruits. Le duc de Bellune tint toute la journée au hameau dela Giberie, malgré l’énorme disproportion de son corps avec lesforces qui l’attaquaient.
Cette journée, où notre arrière-garde tint dans une vasteplaine contre toute l’armée ennemie et des forces quintuples, esthn des beaux faits d'arme de l’armée française.
Au milieu de l’obscurité de la nuit, une batterie d’artillerie dela garde suivant le mouvement d’une colonne de cavalerie qui sePortait en avant pour repousser une charge de l’ennemi, s’égaraet fut prise. Lorsque les canonniers s’apperçurent de l'embus-cade dans laquelle ils étaient tombés, et virent qu’ils n’avaientpas le teins de se mettre en batterie, ils se formèrent aussitôten escadron, attaquèrent l’ennemi et sauvèrent leurs chevaux etleurs attelages. Ils ont perdu 15 hommes tués ou faits prison-niers.
A dix heures du soir, le prince de Neuchâtel visitant les postes,trouva les deux armées si près l’une de l’autre, qu’il prit plusieursfois les postes de l’ennemi pour les nôtres. Un de ses aides-de-camp se trouvant à dix pas d’une vedette, fut fait prisonnier.Le même accident est arrivé à plusieurs officiers russes qui por-taient le mot d’ordre et qui se jetèrent dans nos postes croyantarriver sur les leurs.
11 y a eu peu de prisonniers de part et d’autre. Nous en*vons fait 250.
Le 2 Février, à la pointe du jour, toute l’arrière-garde del’armée était en bataille devant Brienne. Elle prit successive-ment des positions pour achever de passer le pont de Lesmontet de rejoindre le reste de l’armée.
Le duc de Raguse, qui était en position sur le pont deItosnay, fut attaqué par un corps autrichien qui avait passéderrière les bois. U le repoussa, fit 300 prisonniers et chassal'ennemi au-delà de la petite rivière de Voire.
Le 3, à midi, l’empereur est entré dans Troyes .
Nous avons perdu au combat de Brienne le brave généralBaste. Le général Lefebre-Desnouettes a été blessé d’un coup
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