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Après avoir reçu les hommages de ce corps :
“ Un homme qui se disait mou allié, a dit l’empereur Alexan-dre, est arrivé dans mes états en injuste agresseur; c’est à luique j’ai fait la guerre et non à la France ; je suis l’ami du peuplefrançais ; ce que vous venez de faire redouble encore ce senti-ment : il est juste, il est sage de donner à la France des insti-tutions fortes et libérales qui soient en rapport avec les lumièresactuelles. Mes alliés et moi nous ne venons que protéger la li-berté de vos décisions.”
L’empereur s’est arrêté un moment; et S. M. a repris avec laplus touchante émotiou.
“ Pour preuve de cette alliance durable que je veux contracteravec votre nation, je lui rends tous les prisonniers français qui sonten Russie . Le gouvernement provisoire me l'avait déjà demandé.Je l’accorde au sénat, d’après les résolutions qu’il a prises au-jourd’hui.”
Le sénat est sorti pénétré des senfimeus de la plus vive re»connaissance et de la plus grande admiration.
ACTES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE.
Soldats,
La France vient de briser le joug sous lequel elle gémit avecvous depuis tant d’annees.
Vous n’avez jamais combattu que pour la patrie ; vous nepouvez plus combattre que contre elle, sous les drapeaux del’homme qui vous conduit.
Voyez tout ce que vous avez souffert de sa tyrannie ; vousétiez naguères un million de soldats: presque tous ont péri; onles a livrés au fer de l’ennemi sans subsistances, sans hôpitaux ;ils ont été condamnés à périr de misère et de faim.
Soldats, il est teins de finir les maux de la patrie ; la paix estdans vos mains, la refuserez-vous à la France désolée; les en-nemis même vous la demandent; ils regrettent de ravager cesbelles contrées, et ne veulent s armer que contre votre oppres-seur et le nôtre. Seriez-vous sourds a la voix de la patrie, quivous rappelle et vous supplie ; elle vous parle par son sénat,par sa capitale et surtout par ses malheurs ; vous êtes ses plusnobles enfans, et ne pouvez appartènir à celui qui l’a ravagée,qui l’a livrée sans armes, sans défense, qui a voulu rendre votrenom odieux à toutes les nations, et qui aurait peut-être com-promis votre gloire, si un homme qui n est pas meme Français pouvait jamais affaiblir l'honneur de nos armes et la générositéde nos soldats.