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5 (1815) Pièces de l'année 1813, jusqu'au 12 avril, 1814 / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Après avoir reçu les hommages de ce corps :

“ Un homme qui se disait mou allié, a dit l’empereur Alexan-dre, est arrivé dans mes états en injuste agresseur; c’est à luique j’ai fait la guerre et non à la France ; je suis l’ami du peuplefrançais ; ce que vous venez de faire redouble encore ce senti-ment : il est juste, il est sage de donner à la France des insti-tutions fortes et libérales qui soient en rapport avec les lumièresactuelles. Mes alliés et moi nous ne venons que protéger la li-berté de vos décisions.”

L’empereur s’est arrêté un moment; et S. M. a repris avec laplus touchante émotiou.

“ Pour preuve de cette alliance durable que je veux contracteravec votre nation, je lui rends tous les prisonniers français qui sonten Russie . Le gouvernement provisoire me l'avait déjà demandé.Je l’accorde au sénat, d’après les résolutions qu’il a prises au-jourd’hui.”

Le sénat est sorti pénétré des senfimeus de la plus vive re»connaissance et de la plus grande admiration.

ACTES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE.

ADRESSE AUX ARMÉES FRANÇAISES .

Soldats,

Paris , 2 Avril, 1814.

La France vient de briser le joug sous lequel elle gémit avecvous depuis tant d’annees.

Vous n’avez jamais combattu que pour la patrie ; vous nepouvez plus combattre que contre elle, sous les drapeaux del’homme qui vous conduit.

Voyez tout ce que vous avez souffert de sa tyrannie ; vousétiez naguères un million de soldats: presque tous ont péri; onles a livrés au fer de l’ennemi sans subsistances, sans hôpitaux ;ils ont été condamnés à périr de misère et de faim.

Soldats, il est teins de finir les maux de la patrie ; la paix estdans vos mains, la refuserez-vous à la France désolée; les en-nemis même vous la demandent; ils regrettent de ravager cesbelles contrées, et ne veulent s armer que contre votre oppres-seur et le nôtre. Seriez-vous sourds a la voix de la patrie, quivous rappelle et vous supplie ; elle vous parle par son sénat,par sa capitale et surtout par ses malheurs ; vous êtes ses plusnobles enfans, et ne pouvez appartènir à celui qui l’a ravagée,qui l’a livrée sans armes, sans défense, qui a voulu rendre votrenom odieux à toutes les nations, et qui aurait peut-être com-promis votre gloire, si un homme qui n est pas meme Français pouvait jamais affaiblir l'honneur de nos armes et la générositéde nos soldats.