3 2(i
LES MARAICHERS.
Ce cri devint tellement populaire qu’il est resté et restera probablement toujours,puisant une nouvelle force à chaque incident de nos relations amicales ou hostilesavec l’Angleterre.
La poire cuite au four est bien connue dans les mélodies des rues : elle acquiertdans les quartiers populeux une grande importance; elle vient souvent en aide à undéjeuner, à un dîner un peu trop court; quelquefois même elle fait tous les frais durepas. J’ai vu de pauvres réfugiés, jadis officiers, colonels, se permettre de varierleur triste ordinaire en achetant, au déclin du jour, tantôt pour deux sous de mar-rons , tantôt pour deux sous de pommes de terre frites ou de poires cuites au four. Lapoire cuite n’est donc pas indigne d’éveiller notre intérêt, et c’est avec un certainrespect que je transcris ici la mélodie qui lui sert d’enseigne dans le commerce desrues :
OU
~Q Y .. , ,
fJ 1
n/ ijr n f r
- |\ P* ‘
rfy a . _ y. V
1 ' . J J J
- - 3"
Poir'i cuil’i «u four J Poir’» cuit’l au fnurl
En voici une autre qui se chante tous les jours dans les environs de l’Odéon, et quetout le monde connaît ; elle rappelle le thème principal du couvre-feu des Huguenots ;le chant si beau, si caractéristique de Meyerbeer semble avoir été bâti sur ces quatrenotes :
« 0 - —- ^-|Vi - ■ -- 1 ■ ---f-
■ ^ ^ . n é
Puir'i cuit'i au four, bonu’i poir’* cuit’* tout'» diaud’s, poir’* cuit’s, poir’i cuil’i au fourl
Pour les fruits et les légumes, ce sont les environs de Paris qui envoient ainsileurs jardiniers et leurs fruitiers, en blouse , en bonnet de coton, ou avec le capu-chon de feutre sur la tète, chantant dans une saison : la botte d’asperges, la pommede terre au boisseau, les choux, les navets, etc.; dans une autre, les cerises, les pru-neaux, les abricots, les raisins de Fontainebleau . Il y a même de ces vendeurs quiviennent de bien loin, qui, à une certaine époque de l’année, abandonnent leurscampagnes pour venir à Paris exploiter leur spécialité , et retournent ensuite à laculture des champs qu’ils avaient quittés pour quelques mois. Tels sont les mar-chands de melons, Bas-Normands pour la plupart. Ils achètent les melons en grospour les revendre en détail ; ils établissent leurs rayons au coin d’une rue, souvent àl’entrée de la boutique d’un marchand de vin; quelquefois aussi ils colportent leurmarchandise sur une charrette, en chantant leur perpétuel et monotone refrain :Grous melouns ! grous melouns ! La saison des melons passée, ils vont revoir leur Nor-mandie , pour ne reparaître que l’année suivante.
A.vec l’automne viennent les marchands de fruits d’automne, et, parmi ceux qui