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Tome premier.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

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caisse de l'Hôtel-de-Ville, l'on trouva un peu plus decinq millions. Il convoqua les syndics de la boulangerie,qui l'informèrent que Paris était approvisionné de painpour un mois. Il fit prévenir les syndics de la boucherieque durant la crise, le bétail entrerait librement à Paris .Enfin, une commission chargée de correspondre avecl'Hotel-de-Ville, se forma par ses soins dans chacun desdouze arrondissements de la capitale.

Au milieu des soucis de cette puissance si hardimentusurpée, M. Baude reçut la visite de M. Claprote, attachéà lambassade de Prusse. 11 apprit de lui que lattitude dupeuple parisien pendant ces étonnantes journées avaitfrappé tous les membres du corps diplomatique non-seu-lement de stupeur, mais encore dadmiration ; que leursdépêches contenaient l'expression de redouble sentiment,et rendaient probable le maintien de la paix entre l'Europe monarchique et la France révolutionnaire.

Peu de temps après, des ouvriers poussant de grandscris amenèrent à l'Hôtel-de-Ville un homme qu'ils avaientarrêté aux barrières et qu'ils avaient trouvé porteur dunpaquet soigneusement cacheté. On interrogea cet homme :c'était un officier suédois que le comte de Lœwenhielm,ministre de Suède et Norwège , avait, dans la nuit, expédiéau cabinet de Stockolm, avec un rapport sur les événe-ments qui venaient de s'accomplir. M. Baude fit reconduirelofficier chez le comte de Lœwenhielm, auquel il renvoya,parfaitement intacte, la dépêche trouvée sur le courrier.Touché de tant de courtoisie, le ministre de Suède sem-pressa den écrire à M. Baude; mais il ne parut pas àlHôtel-de-Ville, ainsi quon la dit dans le temps, et il nelaurait pu faire sans sortir imprudemment de la réserve