CHAPITRE V.
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l'état-major : M. d'Argout l'accompagnait. Ils arrivent;ils trouvent le duc de Raguse inquiet, désespéré. En lesvoyant entrer, le maréchal passe dans la pièce voisine oùles ministres étaient rassemblés, et en sort aussitôt aprèsavec M. de Polignac. M. de Sémonville accabla le princede reproches amers et violents. Celui-ci répondit aveccalme et se retira. Furieux d'une résistance qui les laissaitlivrés au péril, les deux négociateurs monarchiques pro-posèrent au maréchal d'arrêter les ministres coupablesd'avoir risqué, pour la cause du roi, la fortune des ser-viteurs delà royauté. M. de Glandevez offrit son épée. Leduc de Raguse hésita; M. de Peyronnet reparut. El ten-tant un dernier effort, M11. de Sémonville et d’Argout par-tirent pour Saint-Cloud .
Au moment où leur voiture entrait dans la grande alléedu jardin des Tuileries , un homme s’élança devant leschevaux, montrant Saint-Cloud d’une main, et de l’autre,une voiture qui suivait. C'était celle deM. de Polignac, etl'homme qui, avec cette éloquence muette, engageaitM. deSémonville à se hâter, était un de ceux qu'il voulait uninstant auparavant faire arrêter, M. de Peyronnet ‘.
Une grave et récente nouvelle avait jeté la consternationdans ce château de Saint-Cloud vers lequel se dirigeaient
1 « Ce ne furent ni les sommations du duc de Raguse, ni celles de M. de« Sémonville qui donnèrent lieu, comme on l’a supposé, au départ des mi-« nistres pour Saint-Cloud . Et cela, par une raison toute simple, c’est« qu’ils n’en firent aucune, n’ayant aucune qualité pour leur en adresser.« Le départ des ministres fut occasionné par une lettre de Charles X , quio leur faisait connaître son intention de réunir son Conseil le lendemain« matin. Ma voiture m’attendait dans la cour des Tuileries long-temps• avant l’arrivée de M. de Sémonville .
« La déposition de M. de Sémonville à la Chambre des pairs n’est qu’une