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Tome premier.
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histoire: le dix ans.

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les ministres : on y avait appris de grand matin que laville de Versailles était en pleine insurrection. Le voisinagede Versailles donnait à cet événement un caractère formi-dable. Encore quelques heures, et la révolte, peut-être,viendrait assiéger la royauté jusque dans son palais. Il étaiturgent de déployer de la vigueur. Deux compagnies degardes-du-corps se trouvaient dans la cour du château :on pouvait les faire marcher sur Versailles ; mais pourconduire cette aventureuse expédition, aucun capitainedes gardes ne se présentait. D'un autre côté, faire passersous les ordres de quelque général de l'Empire un corpsauquel des gentilshommes de la plus haute noblesse secroyaient seuls dignes décommander, cétait une bien rudeatteinteaux prérogatives de cour. Dansl'espritdeCharlesX,une pareille dérogation à l'étiquette avait presque l'impor-tance dune bataille perdue. Mais un moment vient leschoses reprennent invinciblement leur niveau naturel et la logique lemporte sur les petits arrangements de lavanité humaine. Le général Vincent s'offrit à prendre lecommandement des gardes, et dans la circonstance,solfrir cétait simpose)'. Ses services furent acceptés parle Dauphin -, Charles X dissimula son mécontentement; etle général partit pour Versailles à la tête de deux compa-gnies de gardes-du-corps soutenues par deux ou trois centsgendarmes. Parvenu au dernier détour de la route, il fitfaire halte à sa troupe, et savançant tout seul vers la grille,

i scène à effet, composée dans le silence du Cabinet. Je déclare ignorer la« majeure partie des choses rapportées par lui etoù il me fait agir comme« acteur ; mais chacun a sa manie : celle de M. de Sémonville est de mettrea toujours quelque drapeau en scène. »

( \ote manuscrite <h JJ. (le Poligtutc.)