CHAPITRE 1.
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la conquête de l'indépendance que dans le triomphe del’unité. De fait, quoique l'Italie fût morcelée, et que lesouvenir des luttes fédératives du moyen-âge n’v fût peut-être pas encore tout-à-fait éteint, Palerme et Naples étaientles deux seules villes entre lesquelles régnât une inimitiéprofonde. Gênes elle-même, qui se rappelait combien elleavait été jadis florissante, et qui ne pliait qu'avec colèresous la suprématie de Turin , Gênes ne poussait pas si loinla jalousie qu’on ne l’eût vue, lors de l'insurrection de1821 , ouvrir avec empressement ses portes aux émigréspiémontais , les recueillir, leur offrir de l’argent et les sau-ver. C'étaient là pour les patriotes italiens des motifs suf-fisants d'espérance. Que la France leur prêtât son con-cours, qu’elle empêchât les Autrichiens de franchir lesAlpes , et l'Italie était libre. Rome , alors, aurait ouvertaisément ses portes à l'insurrection partie de Bologne ; lepape, dépouillé de son pouvoir temporel, aurait conservéintacte sa puissance spirituelle; l'Italie , enfin, se seraitpolitiquement constituée, après avoir écrit sur son éten-dard ce mot magique : Unité . Tels étaient les projets despatriotes italiens. Quant au chef qu’ils se donneraient,comme, à leurs yeux, la question de nationalité était laplus importante et la première à résoudre, ils ne pouvaientse montrer bien difficiles sur le choix. Et c’est ce qui ex-plique les rapports qui s’étaient établis entre Ménotti etle duc de Modène, prince artificieux, cruel, enclin au des-potisme, mais animé d’une volonté forte, et capable de sejeter dans une conspiration, si elle avait dû avoir pourrésultat de le couronner roi d’Italie .
La Belgique n’était pas moins agitée que l'Italie , bienque sa situation fût différente. Au point de vue matériel,