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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

jamais elle navait été plus heureuse que depuis sa réu-nion à la Hollande. Les colonies hollandaises fournissaientà ses produits d'importants et nécessaires débouchés. Lemonarque qui la gouvernait était dailleurs une bonne tète,et l'un des souverains sans contredit les plus remarquablesde l'Europe . Profondément versé dans la science écono-mique, ayant le goût des spéculations, parce quil en avaitle génie, Guillaume avait donné à l'industrie hollando-belge une impulsion sinon très-morale, au moins très-vive. Parmi les plus riches négociants de son royaume,les uns étaient ses associés, les autres ses débiteurs ; etcétait par lui, à ses risques et périls, en quelque sorte,quavait été fondée la société générale de Bruxelles . MaisGuillaume avait le cœur tout hollandais. 11 se souvenaittrop bien quen 1815 la Belgique navait été unie à la Hol-lande que comme un accroissement de territoire. Dedes préférences injurieuses, et, dans la distribution desemplois, une partialité révoltante. Grief extrêmementgrave, puisqu'il armait contre la Hollande la partie la plusremuante et la plus éclairée de la population belge . Ajou-tez à cela que les deux peuples ne parlaient pas la mêmelangue, ne professaient pas la même religion, navaientpas les mêmes mœurs ; que quatre millions de Belges necomptaient pas plus de représentants aux états-générauxque deux millions de Hollandais; que Guillaume avaitprétendu introduire dans les actes publics et dans les plai-doiries l'usage d'une langue uniforme ; quenfin, par léta-blissement du collège philosophique de Louvain , il avaitsoulevé contre lui la puissance du clergé de Belgique ,puissance jalouse et qui ne sut jamais pardonner. De cetétat de choses devait naître naturellement lalliance des