HISTOIRE DE DIX AXS.
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savante armée, la Pologne voulait devenir indépendante,et supportait impatiemment la tyrannie farouche du grandduc, prince bizarre qui, par ses qualités aussi bien quepar ses vices, ressemblait à un de ces chefs de barbaresdont l’effort renversa l'empire romain. Ce n’est pas quela révolution qui semblait se préparer n'cùt à surmonterde rudes obstacles. Abrutis par le servage héréditaire, ser-vage qui, depuis Napoléon, n’existait plus de droit, maisexistait toujours de fait, les paysans polonais ressentaientfaiblement l’orgueil de l'indépendance, leur cœur n'ayantjamais battu pour la liberté. Et pour ce qui est des nobles,ceux-là seuls parmi eux s'élançaient avec ardeur vers unavenir inconnu, qui, réduits à la possession de vainsprivilèges, végétaient dans la misère; car chez les noblesqui à l’autorité du nom joignaient celle de la fortune, lahaine du joug étranger était combattue par la crainte del’anarchie. D'ailleurs, à côté de cette noblesse, timidequoique sincère dans son patriotisme, veillait l'aristocra-tie polonaise, c’est-à-dire cette classe de nobles félonsqui avaient accepté de la Russie les titres de ducs, decomtes, de barons, de princes, titres formellement ré-prouvés par la constitution originaire et les traditions dupays. Malgré tout cela, une révolution en Pologne étaitfacile à prévoir, et des événements semblables à ceux dumois de juillet 1830 devaient la rendre inévitable.
Ainsi donc, et pour nous résumer, la Russie engagéedans des projets trop vastes pour ses ressources ; la Prusseen lutte avec les provinces rhénanes ; l’Autriche menacéepar l’esprit de liberté en Allemagne , et par l’esprit d'in-dépendance en Italie ; l’Angleterre incertaine, inquiète etimpuissante; le Portugal et l'Espagne , à la veille d'une