CHAPITRE 1.
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libéraux et des catholiques ; cette alliance, en 1830, étaitaussi étroite que possible, et devenait de jour en jour plusmenaçante pour La Haye . Cependant, telle était la prospé-rité matérielle des Belges, que leur irritation n’allait pasjusqu’à désirer le renversement violent delà dynastie, l'neséparation administrative aurait suffi à leurs vœux. Beau-coup même se seraient tenus pour satisfaits du renvoi duministre de la justice, van Maanen, instrument trop fidèledes volontés injustes de son maître. Mais il en eût été bienautrement si la Belgique eût pu se créer une situation qui,tout en brisant le lien qui l’attachait à la Hollande, luieût offert les avantages qu’elle retirait de son union avecce dernier pays. Pour conclure avec la Belgique le pacted’une féconde et honorable fraternité, la France n’avaitqu’à lui tendre les bras.
La situation de la Pologne renfermait, comme celle dela Belgique , des germes nombreux de révolution. Or-gueilleuse et guerrière, la noblesse polonaise n’avait subiqu’en frémissant le joug des traités de 1815, et plusd’une fois elle avait essayé de le briser. Le major Luka-sinski, fauteur d’une conspiration qu’on avait découverte,était descendu dans les cachots pour y mourir ; mais lesouvenir de ce glorieux conspirateur vivait dans le cœurde tout véritable Polonais, et son nom était parmi lajeunesse l’objet d’un culte héroïque. Lors du couronne-ment de Nicolas à Varsovie , un complot fut au momentd’éclater : il n’échoua que par la pusillanimité de quelquesmembres de la diète. Vainement le prince Lubecki, mi-nistre de l’empereur, avait-il donné à l'industrie en Po logne un essor prodigieux, vainement le grand duc Con stantin était-il parvenu à y organiser une superbe et