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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Royal nentrevit point ces conséquences, ou, sil les en-trevit, il les brava.

Le 19 août 1830, Louis-Philippe écrivit à lempereurde Russie pour lui notifier son avènement. Sa lettre,dont toutes les expressions paraissaient pesées avec soin,indiquait, à travers les formes dune obséquiosité crain-tive, quelle allait être, au-dehors, l'attitude du gouver-nement. Pour rassurer lEurope sur les suites de la révo-lution dejuillet, Louis-Philippe ne la montrait que commeune résistance malheureuse, mais inévitable, à dimpru-dentes agressions. Lui-même il se donnait pour le modé-rateur des victorieux, et le protecteur naturel des vaincus,flattant ainsi, dans ce qu'elles pouvaient avoir de plusabsolu, les doctrines monarchiques du Czar. Dans lemême but, lauteur de la lettre protestait de son respectpour le souverain déchu, que, même après sa chute, ildésignait par ces mots : le roi Charles À; hommage renduau principe de la légitimité ! Ce quil y avait de compro-mettant à faire léloge de la Charte, Louis-Philippe l'atté-nuait en rappelant qu'elle était un fruit de l'invasion etun bienfait de lempereur Alexandre. Enfin, il faisait dé-pendre adroitement de lappui que la Sainte-Alliance luiprêterait, la conservation de la paix en Europe ; et quoi-quentièrement dévoué à lAngleterre, comme on le verraplus tard, il laissait espérer à Nicolas que la catastrophearrivée à Paris naurait point pour résultat de briser lal-liance projetée par le ministère Polignac entre la France et la Russie .

Lhistoire que nous allons écrire était davance, ettout entière, contenue dans cette lettre.

1 Voir aux documents historiques.