CHAPITRE III.
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L’empereur Nicolas ne s’était pas attendu sans doute,de la part du gouvernement français , à ces marques desoumission. Car, à la première nouvelle de la révolutionde juillet, il s’était mis en mesure de faire la guerre àla France . 11 envoya le feld-maréchal Diébitch à Berlin ,pour y décider le roi de Prusse à une alliance offensive ;il donna l’ordre aux troupes russes de se tenir prêtespour une campagne prochaine; il fit écrire au prince deLubecki, ministre des finances en Pologne , qu’il eût à re-chercher sans délai tous les fonds nécessaires pour la mo-bilisation de l’armée.
Le prince de Lubecki répondit que la Pologne possédaithuit millions de florins dans son trésor, et un milliond'écus à Berlin ; qu’elle était prête par conséquent àentreprendre les préparatifs de guerre voulus par les cir-constances '.
D'un autre côté, le grand-duc Constantin engagea leconsul de France en Pologne à prêter serment à Louis- Philippe . Ce consul était dévoué à la branche aînée desBourbons, et le Cabinet de St-Pétersbourg craignait de levoir remplacé par un agent des idées qui venaient detriompher à Paris .
Voilà dans quelles dispositions la lettre précitée trouval'empereur de Russie ; elle flatta son orgueil sans fléchirson ressentiment. Il ne se donna pas même la peine dedissimuler ses dédains, et l'envoyé du Palais-Boyal futaccueilli par le chef d'un peuple encore à demi-barbareavec une hauteur dont le gouvernement de la Restaura-tion lui-même n’aurait pas souffert l'injure.
1 Documents tirés du portefeuille du grand-duc Constantin, et produitspar Lafayetteà la séance du 22 mars 1831.