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HISTOIRE DE DIX ANS.
force. Ces derniers, le gouvernement français les auraitmis sans peine dans les intérêts de la France , n’ayant pourcela qu’à leur prouver sa puissance et à leur promettreun rôle. 11 agissait dans un sens opposé, et les eut natu-rellement contre lui : c’était là ce qu’il voulait.
Grâce à cette conduite, inouïe certainement dans lesfastes de la diplomatie, un véritable parti français ne putse former en Belgique , bien que de ce côté se trouvassenten même temps la logique des faits, les apparentes déci-sions du sort, la grandeur et l'avenir des deux peuples.I.a lutte s'engagea donc à Bruxelles entre les patriotes,partisans chaleureux d’une nationalité belge , et les Oran-gistes, qui avaient contribué à combattre la suprématiehollandaise, mais qui, ne croyant pas à la possibilité d’uneBelgique indépendante, désiraient le maintien de la dy-nastie des Nassau , avec des institutions modifiées. Leshommes de finances, beaucoup d’industriels, la plupartdes anciens employés du royaume des Pays-Bas, for-maient le parti orangiste. Le parti patriote comprenaitles catholiques, les jeunes libéraux, et s’appuyait sur lessympathies populaires. Les Orangistes étaient plus riches,plus prévoyants ; les patriotes plus actifs, plus nombreuxet plus passionnés. Entre ces deux opinions rivales flot-taient les hommes qui, préoccupés de leur fortune parti-culière, se tenaient à la disposition des vainqueurs.
Nous avons dit qu’un gouvernement provisoire s’étaitétabli à Bruxelles , le lendemain de la révolution de sep-tembre. Il se composait de MM. le baron E. d'Hoogvorst,Charles Rogier , Jollv de Coppin, Yanderlindin, Nicolaï,Félix de Mérode, Gendebien, Van de Weyer. Quatre joursaprès son installation, il s’était adjoint M. dePotter. N’o-