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Tome deuxième.
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CHAPITRE III.

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sant décider lui-même aucune des grandes questions quela révolution venait de poser, ce gouvernement de pas-sage se hâta de convoquer le congrès, auquel il réservaitle droit de fixer le destin de la Belgique . Seulement, il pu-blia une proclamation ambiguë dans laquelle il déclaraitque la Belgique constituerait un Etat indépendant. Unecommission fut ensuite chargée par lui de rédiger un pro-jet de constitution. Tous les membres de cette commis-sion, à l'exception de M. Tielemans, se prononcèrent pourla monarchie, et la rédaction du projet fut confiée àMM. Devaux etNothomb. Quand celui-ci en donna lectureau gouvernement provisoire : « Ce nétait pas la peine,« ditM. de Botter avec amertume, de verser tant de sang« pour si peu de chose. »

Cependant Guillaume avait appelé aux armes ses sujetsfidèles, et les Prussiens se disposaient à le seconder, quandM. Molé leur déclara que, sils mettaient le pied sur leterritoire belge , une armée française y paraîtrait aussitôt.Il nen fallut pas davantage pour intimider la Prusse.Le succès de cette honorable fermeté aurait prouverau Cabinet du Palais-Royal combien une politique cou-rageuse était alors facile, profitable, et même prudente.

Peu confiant dans ses propres forces, Guillaume eut re-cours au gouvernement anglais . Le royaume des Pays-Bas étant une création diplomatique, Guillaume en appelaitnaturellement à la diplomatie : Dans une note remise àlord Aberdeen par M. Falck, et datée du 5 octobre 1830,il était dit :

k Comme lassistance des alliés du roi pourra seule-« tablir la tranquillité dans les provinces méridionales des« Pays-Bas , jai reçu lordre de demander quil plaise à