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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

M. de Polignac lut appelé le premier à faire ce pénibletrajet. 11 y avait plusieurs cours à traverser, et un grandnombre de gardes nationaux, mêlés aux soldats delà gar-nison, accouraient pour jouir du spectacle de la forceabattue, spectacle qui charme les hommes. M. de Polignacparut. Il savançait, entre deux grenadiers, dun pas lentet la tète nue. Ses vêtements étaient en désordre, la fa-tigue altérait ses traits; mais le feu dune croyance irritéepar le malheur brillait encore dans son regard. En mon-tant lescalier du donjon, il se montra ému: il sarrêta,la main appuyée sur le fusil dun grenadier. Le gouver-neur du château laccompagnait. Après des vicissitudessans nombre, la fortune ramenait M. de Polignac dansce triste donjon il avait jadis expié les haines de sajeunesse contre l'Empire. Châtié alors pour sêtre mis enrévolte contre le pouvoir, il létait aujourdhui pour enavoir abusé.

M. de Peyronnet, que devaient suivre ses deux autrescollègues, parut à son tour. Il avait le chapeau sur latète; sa démarche était hautaine, et la foule remarquaitsans colère cette fierté que lexcès de la conviction ne jus-tifiait pas en lui, lorsquun cri se fit entendre. « A genoux,« criait un inconnu, qui couchait en joue lancien mi-« nistre ; à genoux le misérable qui a fait tirer sur le« peuple, et quil demande pardon. » On apaisa lindi-gnation de cet homme; mais il y avait pour le pouvoir,dans de semblables scènes, un avertissement terrible.

Pour interroger les coupables, la Chambre avait à nom-mer des commissaires. Elle désigna MM. Bérenger, Madierde Montjau et Mauguin. Ils apportaient dans lexercice deleurs nouvelles fonctions des qualités diverses : M. Béren-