CHAPITRE IV.
11
ger, beaucoup de sang-froid et de gravité 5 M. Madier deMontjau, un grand fonds de tolérance combiné avec unecertaine sévérité de maintien; M. Mauguin, au contraire,sous les manières aimables de l'homme du monde, l’in-tlèxibilité d’un tribun.
La première question qui divisa les trois commissaires( et elle n’était vaine qu’en apparence) fut celle du céré-monial. Devaient-ils entourer d’un appareil fastueux l’ac-complissement de leur mission? Ainsi le voulait M. Mau-guin. Convaincu que c’est par les signes extérieurs deschoses qu'on agit puissamment sur la multitude, et peut-être aussi, animé par un secret désir de paraître, il de-mandait que le voyage de Paris à Vincennes se fit avecpompe ; que la Chambre, dans ses manifestations, em-pruntât à la majesté royale les importantes puérilités paroù elle brille; que chaque commissaire, par exemple, eûtsa voiture; que tout un escadron fit cortège à ceux quiallaient représenter la justice du peuple.
Ceci, du reste, se rattachait, dans la pensée de M. Mau-guin, à des vues hardies de domination. 11 11'avait cédéqu'en frémissant le pouvoir révolutionnaire dont il s'étaitvu investi à lHôtel-de-Ville. A'ayant pu faire disparaîtrela Chambre dans la révolution, il aurait voulu introduirela révolution dans la Chambre, engager ses collègues dansdes mesures d'éclat, les compromettre; mais, tout en lessoumettant aux exigences de la popularité, leur en com-muniquer la force. Lui-même il jouissait alors sur l’opi-nion d’un crédit qu’il s'exagérait peut-être, mais dont ilétait homme à faire un vigoureux emploi.
Malheureusement, M. Mauguin n’exerçait aucun empiresur ceux qui le connaissaient bien. Il avait beaucoup d'es-