CHAPITRE IV.
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prévoir à quel prix les événements allaient mettre le salutdes captifs de Yincennes. Quand le pouvoir ne consisteplus que dans l’honneur de tomber de haut, les candidatssont rares. Les portefeuilles étaient refusés presqu’avanld’avoir été offerts. Il y eut un moment où Louis-Philippe put craindre que la solitude ne se fit autour de son trône.
De fait, ce trône paraissait alors suspendu sur un pré-cipice. A la joie renaissante des vaincus on pouvait jugerde la profondeur des calamités publiques. Leurs journauxavaient fait le compte des banqueroutes récentes avec uneexactitude impitoyable. Ils avaient demandé ironiquementpourquoi la plus forte maison de Bordeaux suspendait sespaiements ; pourquoi M. Vassal était réduit à une sem-blable extrémité, lui qui avait battu des mains à la révo-lution; pourquoi le crédit de M. Laffitte lui-même com-mençait à chanceler.
Venaient ensuite les républicains, dont les accusationsavaient bien plus de portée encore. Le premier besoin dupeuple était de vivre. Eh bien, au-dessus de ce peuple quimanquait de pain, que voyait-on? Des ministres occupésà distribuer des places. Il était temps de mettre un termeau scandale de cette indifférence. Et ils rappelaient quedans le département du Tarn , que dans celui de Seine-et- Oise , des émeutes venaient d'éclater, qu’au dernier mar-ché de Corbeil , les âmes avaient été agitées par la craintede la disette; que. dans près de cinquante départements,la perception des impôts indirects était nulle ou violente;qu’à Bordeaux il avait fallu braquer des canons pour con-tenir la multitude.
Étourdis de ces attaques qui empruntaient à de tristesréalités une force irrésistible, les partisans de l’établisse-