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HISTOIRE DE DIX ANS.
nient nouveau n'osaient creuser la situation, de peur d'vtrouver les germes d’une révolution sociale. Ils levaientalors les yeux vers le pouvoir et parlaient de changer leshommes, alors que, pour guérir les plaies de la nation, ilaurait fallu vouloir avec courage, avec désintéressement,que les choses fussent changées. Mais plus la nécessitéd'un gouvernement vigoureux et doué d'initiative étaitflagrante, plus les ambitions hésitaient.
Ainsi l'enthousiasme éteint, le peuple mécontent et in-sulté, le commerce languissant, le travail, cette vie dupauvre, tari dans sa source, les partis en délire se combat-tant sur des ruines, la garde nationale appelée garde pré-torienne par tous ceux qu’elle avait exclus de son sein etqu'elle menaçait, la nation incertaine sur le parti qu'ondevait tirer de l’échafaud, la Chambre morigénée en publicpar un magistrat que blâmait lui-même la majorité des mi-nistres, la hiérarchie détruite, le pouvoir flottant à l’aven-ture : voilàquelle situation singulièreetformidablevenaientde créer deux mois de règne : l'impuissance dansle chaos.
Ici encore, M. LalTitte offrit au roi l'appui d’un dévoù-ment à toute épreuve. Il se chargea de combiner les élé-ments d'un ministère, et il était sincère dans les témoi-gnages d'affection qu'il donnaitau roi, car loin de fatiguerson zèle, la confiance avec laquelle on l'invoquait le tou-chait jusqu’aux larmes. Grâce à lui, le ministère devintpossible. Le 2 novembre, la liste suivante fut arrêtée :Laffitte, président du Conseil et ministre des finances ;Maison, ministre des affaires étrangères; Dupont (del'Eure), de lajustice ; Montalivet, de l'intérieur ; Gérard,de la guerre ; Sébastiani , de la marine ; Mérilhou, de l'in-struction publique.