CHAPITRE I.
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illustres, ou, du moins, des inimitiés qui élèvent, voilà cequ’il aurait fallu à ce cœur tourmenté; et tout cela luimanquait. De tant de scènes, terribles ou héroïques, aux-quelles on avait traîné, devant lui, le monde saisi d’éton-nement et d'épouvante, que restait-il? quelques souvenirsinsultés. Il est des époques où l'orgueil des hommes fortstrouve à se satisfaire au sein même delà douleur^ou Tonéprouve une sorte de joie frémissante à courir a près’Ve-danger, ou l'on peut enfin se sauver du desespoir Vmr lahaine. Pour M. de Chateaubriand, ces époques avaient étéla Révolution et l'Empire. Mais, depuis, le siècle était de-venu étroit et grossier; de froides combinaisons y succé-daient aux élans généreux ; les graves soucis du comman-dement s'y perdaient en un stérile tracas d'affaires-, lessympathies y étaient soumises au calcul, les répugnancescondamnées à la fourberie; et tout se trouvait à tel pointrapetissé, qu'il n'y avait même plus moyen d'éprouver deces haines dont on s’honore. Après la victoire remportéeen juillet sur la monarchie et sur la noblesse, quel rôlepouvait être réservé à M. de Chateaubriand? Celuid’homme de parti? Il y était impropre, appartenant àcette classe de natures délicates, que rebutent les mincesdétails, qu’une activité banale fatigue, qui ne sont portéesqu'aux grands sacrifices, ne consentent à combattre quetes grands obstacles, et ne savent se résigner ni à em-ployer des instruments vils, ni à ruser avec, les passionshumaines. Ce genre d’incapacité, les amis de M. de Cha-teaubriand le reconnaissaient en lui. Ses ennemis allaientplus loin : ils lui refusaient toutes les qualités de l’hommepolitique, et ils rappelaient quelles avaient été les mani-festations de sa vie active : son faste et ses préoccupations