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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

ainsi dire, à laventure, les destinées de leur parti. Mais ily avait à la faiblesse de ce parti une cause encore plusprofonde : il manquait de passions. La victoire lui étaitdavance refusée, parce quune révolution ne lui était pointnécessaire et parce quelle eût été, dans tous les cas, peudésirable pour les chefs. Qu'avaient-ils à espérer de mieuxque ce quils possédaient, eux dont le régime nouveauprotégeait lopulence, respectait les titres, ménageait lessouvenirs , et tendait par égoïsme à sapproprier lestraditions? Pour des hommes qui, comme M. Berryer ,avaient trouvé jusque dans la défaite tant de biens quiattachent à la vie : les jouissances du luxe, le crédit, larenommée, les applaudissements.... la possession mêmedu Pouvoir, Pouvoir toujours orageux et toujours maudit,valait-elle quon affrontât, pour lobtenir, tout ce que con-tient de hasards ce mol effrayant : l'inconnu? Les révolu-tions se font avec des haines fortes et de violents désirs :les légitimistes navaient guère que des haines.

11 y avait parmi eux, toutefois, des jeunes gens quani-mait un ressentiment fougueux. « étiez-vous pendant« les trois journées? » leur avait-on crié avec ironie, etils brûlaient de protester, lépée à la main, contre unevictoire dont la portée les irritait moins que l'injure.Leurs dispositions belliqueuses étaient du reste encoura-gées par les femmes de lancienne Cour, femmes char-mantes et vaines qui auraient voulu gouverner lÉtat avecun éventail, et qui se plaignaient avec dépit davoir étédétrônées par des bourgeoises. Ce fut dans ce jeu de pas-sions factices, ce fut dans je ne sais quel tourbillon depropos frivoles quon prépara lembrasement de la France .Beaucoup ne voyaient quun roman de chevalerie dans ce