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HISTOIRE DE DIX AXS.
ainsi dire, à l’aventure, les destinées de leur parti. Mais ily avait à la faiblesse de ce parti une cause encore plusprofonde : il manquait de passions. La victoire lui étaitd’avance refusée, parce qu’une révolution ne lui était pointnécessaire et parce qu’elle eût été, dans tous les cas, peudésirable pour les chefs. Qu'avaient-ils à espérer de mieuxque ce qu’ils possédaient, eux dont le régime nouveauprotégeait l’opulence, respectait les titres, ménageait lessouvenirs , et tendait par égoïsme à s’approprier lestraditions? Pour des hommes qui, comme M. Berryer ,avaient trouvé jusque dans la défaite tant de biens quiattachent à la vie : les jouissances du luxe, le crédit, larenommée, les applaudissements.... la possession mêmedu Pouvoir, Pouvoir toujours orageux et toujours maudit,valait-elle qu’on affrontât, pour l’obtenir, tout ce que con-tient de hasards ce mol effrayant : l'inconnu? Les révolu-tions se font avec des haines fortes et de violents désirs :les légitimistes n’avaient guère que des haines.
11 y avait parmi eux, toutefois, des jeunes gens qu’ani-mait un ressentiment fougueux. « Où étiez-vous pendant« les trois journées? » leur avait-on crié avec ironie, etils brûlaient de protester, l’épée à la main, contre unevictoire dont la portée les irritait moins que l'injure.Leurs dispositions belliqueuses étaient du reste encoura-gées par les femmes de l’ancienne Cour, femmes char-mantes et vaines qui auraient voulu gouverner l’État avecun éventail, et qui se plaignaient avec dépit d’avoir étédétrônées par des bourgeoises. Ce fut dans ce jeu de pas-sions factices, ce fut dans je ne sais quel tourbillon depropos frivoles qu’on prépara l’embrasement de la France .Beaucoup ne voyaient qu’un roman de chevalerie dans ce