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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

quils partageaient avec leurs seigneurs, dont ils avaienttoujours chéri lautorité paternelle, suflisait à leurs besoinscomme à leurs désirs. La parole du prêtre charmait leurignorance, un peu superstitieuse et naïve. Au milieu deleurs genêts et de leurs bruyères, ils ne savaient rien detout le bruit qu'avait faitautour d'eux unsiècle moqueur;et le culte des traditions, entretenu par lesprit de famille,et les récits des veillées, navait encore reçu parmi euxaucune atteinte, que déjà tout nétait plus que ruines dansle reste de la France , secouée fortement et transformée.La révolution, obéissant à la fatalité de son rôle, résolutde faire entrer la Vendée dans ce grand travail dunitédont nous ne connaissons que les violences, et dontlavenir montrera les bienfaits. Ce quil advint alors,on sen souvient. Ces paysans, à qui l'obligation du ser-vice militaire faisait horreur, déployèrent pour la défensede leurs coutumes un héroïsme guerrier qui neut d'égalque celui des bleus , qu'ils avaient à combattre. Ils cou-rurent chez des gentilshommes quils arrachèrent de leurschâteaux et mirent à leur tète, tandis que, de leur côté,ceux-ci partageaient le commandement avec un garde-chasse et prenaient pour chef suprême un voiturier! Puisla guerre commença : guerre sans exemple, l'on vitdes paysans rassemblés en tumulte faire face à des arméesnombreuses, vaillantes, disciplinées, et remplies de cesombre enthousiasme qui fut si long-temps la terreur delEurope . Ainsi, la puissance des traditions devait éclaterau sein d'une époque à jamais illustrée par les témoi-gnages d'une puissance contraire ; et ce ne fut pas certai-nement un des spectacles les moins touchants et les moinsphilosophiques de ce siècle, que celui de tant de pauvres