20
HISTOIRE DE DIX ASS.
premier soin fut de convoquer à la l'étellière, près deRémouillé, les chefs dont le concours lui était nécessaire.
La réunion eut lieu le 12 septembre 1831. Quatorzechefs composaient cette assemblée, et elle avait invité àses délibérations la comtesse Auguste de La Rochejacque-lein. La discussion fut longue et animée. M. de Charettefit d’abord connaître l'ordre qu’il avait reçu de Massa,ordre conçu en termes contradictoires, ou du moins con-troversables; car, d'une part, il n'appelait la Vendée àprendre les armes qu'en cas de succès dans le midi, de ré-publiqueproclaméeoud'invasion étrangère; et, de l'autre,il laissait les officiers généraux juges de l'opportunité dusoulèvement. M. de Charette aurait désiré que la Vendée n’attendit point, pour lever l'étendard de la guerre , lessuccès de Madame dans le Midi. 11 opina pour que le mou-vement eût lieu simultanément dans le Midi et dansl'Ouest. C’était aussi l'avis de la comtesse Auguste de LaRochejacquelein, et elle s’en expliqua avec cette éloquencede sentiment particulière aux femmes Mais ce fut l'opi-nion la moins audacieuse qui prévalut : une majorité deneuf contre cinq décida que l'Ouest ne se déclareraitqu’après la soumission des provinces méridionales, àmoins que la France ne fût envahie ou que Paris ne pro-clamât la république.
Mais , pendant que la noblesse débattait ainsi lesmoyens de ramener l'ancien régime , la bourgeoisie sepréparait à compléter sa victoire par l’abolition de lapairie héréditaire et la proscription légale de la race desBourbons aînés.
La situation était critique. Les forces qui devaient ser-vir à la dominer étaient mal réglées, mal définies. La