Band 
Tome troisième.
Seite
21
JPEG-Download
 

CHAPITRE 1.

21

Chambre des députés n'avait, aux yeux de la nation , nile prestige d'une autorité glorieusement usurpée, ni lepoids d'uneautorité incontestablement légitime. La Cham-bre des pairs était décriée, impuissante, et il n'était plusquestion partout que de lui enlever le seul mode d’exis-tence qui put la rendre possible , l'hérédité. La royautéenfin, solitaire et inquiète au sommet d'une société mou-vante, manquait de splendeur aussi bien que d’entourageet de point d'appui.

Ce fut l’erreur de Louis XI , et, plus encore , celle deLouis XIV , de croire que la royauté se peut maintenirlorsqu'elle n'a point pour base une aristocratie puissante.A une royauté qui ne fait point partie d’un corps aristo-cratique il faut, ou un glaive pour frapper toujours, ou del'or pour corrompre sans cesse : oppressive si elle est ab-solue , corruptrice si elle est tempérée. Mais en de telsmoyens de gouvernement il n'y a aucune chance de durée,parce que celui qui les emploie dégrade son autorité en ladéfendant, et ne peut l’agrandir sans l'épuiser.

Le régime constitutionnel que des sophistes ignorantsavaient fait prévaloir en France , renfermait donc un pro-blème insoluble. Car vouloir une royauté vivante à côtéd'une aristocratie morLe, c’était vouloir que la tète vécûtséparée du corps, c’est-à-dire l’impossible. Yoi!à pourtantce que la bourgeoisie demandait, et son illusion était sicomplète, qu'elle prenait ombrage même d'une pairie hé-réditaire, et qu'après avoir anéanti la féodalité, elle enpoursuivait jusqu'au fantôme.

Il est vrai que. parmi les meneurs de la bourgeoisie,quelques-uns, et notamment MM. Casimir Périer, Royer-Collard, Guizot, Thiers , n’adoptaient pas, au sujet de l'hé-