CHAPITRE 1.
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respondre aujourd'hui, dans la société telle que les révo-lutions l’ont faite, le principe de l'hérédité politique?Est-ce que les fiefs n’ont pas été abolis? Est-ce que laféodalité n’est pas morte? Est-ce que la noblesse, quiconsiste, non pas môme dans la transmission des fonc-tions, mais seulement dans celle du titre, est-ce que lanoblesse n’est pas à jamais discréditée? Où chercher, enFrance , les vestiges d’une classe supérieure qui, commeen Angleterre, se soit unie au peuple contre l’oppressiondu trône, et ait acquis de la sorte un titre à la reconnais-sance des générations à venir? Où trouver, en France ,quelque chose qui ressemble aux rapports de patron àclient, de propriétaire à tenancier? L'hérédité de la pairiea donc le tort, et de ne représenter dans le pays aucunintérêt, et d’y rappeler cet odieux ensemble de privilègescontre lequel on a vu en 1789 la nation se lever en masse.Dans ce moment môme, n’est-ce rien que cette immenseréprobation qui frappe la pairie héréditaire? Et que veut-on de plus pour prouver qu’elle est en désaccord mani-feste avec les tendances, les progrès, les mœurs de lasociété? Si la pairie héréditaire avait eu ses racines dansla nation, aurait-elle si souvent donné le spectacle de sonimpuissance? Qu'a-t-elle fait pour Xapoléon vaincu àWaterloo ? Qu’a-t-elle fait pour Louis XVIII menacé parl'exilé de l’île d’Elbe ? Qu’a-t-elle fait le 29 juillet, pourCharles X ? Qu’a-t-elle pu pour la liberté? Qu’a-t-elle pu,le lendemain du ù’ août, pour sa dignité et pour elle-même?
Xous reconnaissons, répondaient les partisans de l’hé-rédité, que, comme Chambre législative et judiciaire, lapairie doit renfermer dans son sein des hommes éclairés.