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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

conclure? Que toute société porterait dans ses flancs legerme d’une lutte immortelle et dévorante-, que la guerre,et une guerre sans trêve, serait la loi du monde; que,condamnés à subir alternativement le triomphe de l’undes deux, intérêts opposés, les peuples se verraient tour àtour ou frappés de stupeur ou emportés dans un tour-billon de feu, victimes d'une fatalité également ennemieet de toute sécurité complète et de tout progrès assuré !Vous avez beau, pour concilier ces deux intérêts , faireintervenir un Pouvoir, que vous appelez la royauté, cePouvoir, d'après la loi par vous-même indiquée, ne sau-rait avoir un intérêt qui ne rentre dans l’un des deuxautres. L’intervention de la royauté ne saurait qu'ac-croître, en la rendant plus odieuse, la force de l'intérêtconservateur. Ce n’est pas là une médiation, c’est unecomplication de la lutte. Et maintenant, si de l’existencede deux intérêts que vous croyez voir se disputant, envertu des lois de la nature humaine, l’empire delà société,vous concluez à la nécessité de deux principes se disputantla possession du Pouvoir, que faites-vous? Vous transpor-tez de l’ordre social dans l'ordre politique tous les fléauxcontre lesquels doit s’armer le législateur. La vérité estque les sociétés n’ont, aux yeux du philosophe et del’homme d’État, qu’un intérêt qui se peut définir ainsi :la durée dans le mouvement. C’est nier le progrès, c’estblasphémer Dieu , c’est livrer d’avance le monde au gou-vernement imbécile du hasard que de transformer en loide l'humanité ce qui n’est qu’un phénomène résultant desvices d’une civilisation encore imparfaite. L’existence si-multanée, au sein des nations, de deux intérêts en lutte,c’est un fait, mais c’est un mal : observez-le, mais que ce