CHAPITRE I.
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pas que la royauté sera sur les bords d’un'abîme, puisquevous l’aurez réduite à n’être plus qu’une exception auprincipe par vous reconnu sacré, suprême, fondamental?
« Sachez-le bien : la république est au bout de votresystème. Et ce n’est pas tout : cette pairie que vous nevoulez pas héréditaire, où en chercherez-vous la source?Dans l’élection? Vos pairs ne seraient plus que des dou-blures de députés. Dans la nomination royale? Vos pairsne seraient plus que des chambellans. Dans le choix dumonarque restreint par une liste de notabilités? Vousauriez alors, non plus seulement l’aristocratie des fonc-tions, mais, ce qui est bien plus juste et bien plus désas-treux, celle des fonctionnaires. Dans une combinaisonde l’élection et de la nomination royale au moyen d’unsystème de candidatures? Votre Chambre des pairs , ren-due de la sorte hermaphrodite, réfléchirait précisément lespassions rivales entre lesquelles son rôle est d’intervenir;elle présenterait le vivant résumé des deux éléments delutte dont il s’agit de comprimer le développement fu-neste. Ainsi, sans hérédité, pas de pairie possible. Larépublique et une seule Chambre, voilà, logiquement, lesrésultats de votre système : c’est la destruction de tout lerégime constitutionnel. »
Aux seconds et particulièrement à M. Thiers , l’on pou-vait répondre : « Vous êtes conséquents, vous, mais uni-quement dans vos erreurs.. Vous dites qu’il y a dans lemonde deux intérêts opposés : le mouvement et la durée.Mais si, au lieu d’être un fait purement transitoire, unfait accusateur de l’enfance des peuples, ce dualismedevait être considéré comme une donnée essentielle etpermanente de l’existence des sociétés, qu’en faudrait-il