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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX i ANS.

« jusqu’à la frontière. Je rendis compte ensuite de ce que« j’avais fait ; et je fus approuvé alors comme je le serais« par vous aujourd'hui. » Oui ! oui î s’écria-t-on de tousles points delà salle, et la sensation fut profonde , quandl’orateur ajouta : « Que serait-ce donc s’il avait été ques-« tion de la peine de mort? Je crois en vérité que je ne« vous en aurais pas parlé ! » Nobles paroles dont M. deMartignac compléta l’effet par cette vive image. « Qu’un« de ces proscrits que votre proposition punit, soit con-« duit en France et qu’il y cherche un asile ; qu’il aille« frappera la porte de l’auteur même .de la proposition,« que cette porte s’ouvre, que le proscrit se nomme, qu'il« entre, et moi je lui réponds d’avance de sa sûreté. »

La question était décidée par d’aussi généreuses rai-sons : de la proposition qui lui était soumise, la Chambreécarta toute sanction pénale. Plus conséquente avec elle-même, l’assemblée aurait repoussé la proposition, au lieude la mutiler. Que signifie une loi qui n’est que la décla-ration d’un fait?Mais le ministère se plut à regarder cettedéclaration comme une sorte de consécration nouvelle dela dynastie de Louis-Philippe . Ce fut cette considérationque M. Guizot fit valoir, et ce fut dans ce sens que la ma-jorité vota. Car les gouvernements sont tous aveugles etvains de la même manière, tous ils affichent la prétentiond’être immortels, comme s’il y avait autre chose qu’unesuccession de désastres dans la succession des âges, commes’il n'y avait pas une chute dans tout avènement, et l'idéeprésente de la mort dans chaque phénomène de la vie. Ils’était cru immortel aussi, ce gouvernement républicainqui avait fait étouffer par le roulement des tambours lesparoles suprêmes d’un roi condamné comme le dernier