CHAPITRE 1.
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que étroite et impitoyable. L’assemblée, néanmoins, étaiten suspens, lorsque M. de Martignac parut à la tribune. 11portait sur son visage l’empreinte de la mort, dont oncroyait déjà le germe dans son sein ; et, en le voyantprêta défendre son vieux maître exilé, on se rappelait lesefforts qu’il avait faits pour prévenir cette chute et cetexil. « Messieurs, dit-il d’une voix affaiblie et pénétrante,« le bannissement est dans nos lois une peine infamante« prononcée par le juge après mûr examen -, et l’on vous« propose de la prononcer d'avance contre les générations« nées et à naître., sans examen, par anticipation , sans« savoir quel sera celui que vous condamnez!... Un de« vos orateurs disait naguère à cette tribune : « Kn« France , la proscription absout. » Eh bien, ce mot pro-« fond et vrai a jugé votre loi! Ainsi, un prétendant« arrivera en France , on avertira l’autorité du danger« que peut courir la sécurité publique. Mais qu’un pros-« crit, condamné d’avance, y vienne, où trouverez-vous<c un homme qui ira frapper sur l’épaule du bourreau,« en lui disant : « Regarde cette tète royale, reconnais-la« et fais-la tomber ■’ » Ce n’est pas en France que vous« trouverez cet homme. » A ces mots, l’orateur s’arrêta,vaincu par son émotion, que partageait toute l’assemblée.Puis, reprenant, il raconta qu’au temps où il avait eu lemalheur d’être ministre, un régicide , un proscrit, ayantété découvert sur cette terre de France où il lui étaitinterdit de paraître, le ministère, loin de le faire arrêter,s'empressa de protéger sa retraite. « Le vieillard , conti-« nua M. de Martignac, fut soigné, car il était malade; il« reçut des secours, car il en avait besoin ; il fut conduit.
« avec les égards dus à sa vieillesse et à son malheur,