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Tome troisième.
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CHAPITRE 11.

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Ainsi les commissionnaires pesaient sur les fabricants, qui,à leur tour, opprimaient les chefs d'atelier ; et ceux-ciétaient forcés d’appesantir sur les compagnons le jougqu’ils subissaient eux-mèmes. De là une oppression detous les instants; de là, au sein de la classe soumise aufardeau de toutes ces tyrannies superposées l’uneà l’autre,ces haines sourdes qui fermentent dans les cœurs etUnissent par s’en échapper en cris de colère.

Toutefois, la prospérité de la fabrique lyonnaise avaitpendant long-temps conjuré le danger. Tant que le travailne leur avait pas été imposé à des conditions homicides,les ouvriers lyonnais s’étaient contentés du modiquesalaire qui les faisait vivre. Mais des circonstances étran-gères et antérieures à la révolution de juillet vinrent por-ter atteinte à la fabrication lyonnaise. De nombreux mé-tiers de soierie s’étaient établis à Zurich, à Bàle, à Berne ,à Cologne ; et l’Angleterre de son côté s’affranchissaitpeu à peu^ du tribut industriel qu’elle avait long-tempspayé à la ville de Lyon . A cette cause de ruine pour lesouvriers s’en joignit une plus active encore. Depuis 1824,le nombre des fabricants lyonnais s'était accru dans uneproportion très-forte, et aux effets de la concurrenceétrangère qui, après tout, ne portait guère que sur lesétoffes unies, étaient venus s’ajouter les désastres d’uneconcurrence intérieure poussée jusqu'à ses dernièreslimites. Quelques fabricants continuèrent à s’enrichir;mais la plupart, voyant diminuer leurs bénéfices, reje-tèrent leurs pertes sur les chefs d'atelier, qui firent porteraux compagnons une partie du fardeau qui les accablait.De quatre ou six francs, le salaire de l’ouvrier intelligentet laborieux tomba insensiblement à quarante, trente-cinq,