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HISTOIRE DE DIX ANS.
misère, tout ce qu’il peut y avoir de tyrannie au fond decette prétendue liberté de transactions que les fabricantsinvoquaient ; plusieurs' 1 milliers d’ouvriers menaçaientLyon de leur désespoir :. fallait-il s'abstenir, entre leslois de l'humanité violées et la guerre civile devenue iné-vitable? Le Pouvoir qui, en de telles circonstances, nesait pas être arbitraire, doit abdiquer. On est indigne decommander aux hommes quand, pour les sauver, onn'est pas capable d’oser beaucoup, et même de jouer satête.
M. Bouvier-Dumolard aurait donc pu et dû fixer lui-même le tarif : il n’eut pas tant de hardiesse et il se con-tenta de mettre les deux partis en présence. Mais telleétait alors l’étrange fausseté des notions qui s’étaient ré-pandues dans le public, sur les droits du commerce etsur la liberté des transactions, que la conduite du préfet,toute timide et légale qu’elle était, fut vivement blâméepar les fabricants et considérée comme un abus de pou-voir. Les ouvriers, à leur tour, virent presque un bienfaitdans ce qui n’était qu’une stricte et nécessaire exécutione s lois de la justice.
Le 21 octobre, une nouvelle assemblée fut convoquée àl'hôtel de la préfecture. Les vingt-deux fabricants que laChambre de commerce avait désignés s'y trouvèrent enprésence de douze délégués de la classe ouvrière. Mais lesfabricants firent observer qu’ayant été nommés d'olTice,ils ne pouvaient engager leurs confrères. Les délégués desouvriers, de leur côté, devaient faire porter leur nombreà vingt-deux. Une troisième réunion fut alors indiquée,pour que les fabricants eussent le temps de nommer desfondés de pouvoir. La crise, cependant, devenait de plus