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Tome troisième.
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CHAPITRE 11.

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en plus menaçante; de nombreux rassemblements d’ou-vriers se formaient chaque soir sur les places publiques;des orateurs populaires allaient parcourant les groupes,faisant ressortir ce que cachaient de cruel tant de lenteurs,demandant avec véhémence si, pour rendre justice à l’ou-vrier, on voulait attendre que la faim l'eût rendu tout àfait incapable même de se plaindre. Le 25 octobre avaitété fixé pour la discussion définitive du tarif. Ce jour-là,dès dix heures du matin, un spectacle étrangeet touchantfut donné à la ville de Lyon , l'ne multitude immensedescendit en bon ordre et silencieusement des hauteursdela Croix-Rousse, traversa la ville, et couvrit les places deBellecour et de la préfecture. C’était la foule affamée destravailleurs qui venait apprendre son sort. Ils restèrentlà quelque temps sans pousser un cri. sans proférer unemenace : leurs mains n'étaient armées ni de fusils, nid’épées, ni même de bâtons, seulement, un drapeau tri-colore flottait au-dessus de leurs têtes, et leurs chefs por-taient une petite baguette pour se faire reconnaître etmaintenir la discipline.

Quelque pacifique que fût cette démonstration, M. Bou-viér-Dumolard craignit qu’elle n’ouvrît carrière aux ca-lomnies; il descendit en costume au milieu des ouvriers,leur représentant qu’il ne fallait pas que le tarif eût l’aird’avoir été conquis par la violence, et finit en déclarantque la séance ne serait ouverte que lorsqu’ils se seraientretirés. Des cris de Vive le Préfet retentirent, et ce peuplede pauvres regagna son quartier à pas lents, en bon ordre,à travers l’autre peuple muet d’étonnement.

• Entre les délégués de l’une et l’autre partie, la discus-sion s’engagea sur les abus criants qui s’étaient introduits