CHAPITRE II.
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« C'est une tyrannie intolérable, s’écriaient-ils avec em-« portement ! On parle du consentement de nos délégués ?« mais il a été arraché par la peur. De qui, d’ailleurs,« tenaient-ils leurs pouvoirs, ces délégués? d’une assem-« blée à laquelle beaucoup d’entre nous avaient refusé de« se rendre. Qu'est-ce, après tout, que ce taiif sinon une« atteinte audacieuse portée à la liberté des transactions?« Et où serait désormais notre sécurité, s’il devenait loi-« sible au pouvoir d'intervenir dans l'industrie et de prêter« un complaisant appui aux exigences turbulentes des« ouvriers. » Ils s'échauffaient ainsi l’un et l’autre par desdiscours passionnés. Quelques-uns refusèrent d’exécuterle tarif : le Conseil des prud’hommes les condamna. L'ir-ritation devenait de jour en jour plus vive. Enfin, vers le10 du mois de novembre, cent quatre fabricants se réu-nirent et signèrent un mémoire où ils protestaient éner-giquement contre le tarif, et se plaignaient des exigencesinjustes des ouvriers, quine demandaient, disaient-ils, dessalaires exagérés que parce qu’ils s’étaient créé des be-soins factices. Des rumeurs menaçantes circulèrent alorsdans la ville; M. Bouvier-Dumolard lui-même fut intimidé;et, le 17 novembre,onlut dansleConseildesprud’hommesune lettre de lui, dans laquelle il était dit que, le tarifn’ayant jamais eu force de loi, il n'était obligatoire pourpersonne et pouvait tout au plus, comme engagementd’honneur, servir de base aux transactions entre le fabri-cant et l’ouvrier. D’un autre côté, on faisait courir le bruit(pie le ministre du commerce, à Paris , ayant rassembléchez lui les députés du Pdiône, avait improuvé devant euxet l'établissement du tarif et la conduite du préfet. Enmême temps on employait toutes sortes de moyens pour