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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX j*KS.

pousser l’autorité civile à des mesures de rigueur. Lelieutenant-général Hoguet voulaitqu’on affichât la loi surles rassemblements, pour empêcher les ouvriers de faireune manifestation semblable à celle du 25 octobre. Latroupe de ligne resta casernée pendant huit jours, lamoitié des hommes dormant tout habillés. Enfin, lespostes furent doublés par des gardes nationaux pris dansla l r ' légion, qui se composait spécialement de fabricants.

Il n’en fallait pas tant pour faire prendre l’alarme auxouvriers. Les infractions au tarif étaient de plus en plusnombreuses; revenant sur ses premières décisions, leConseil des prud’hommes refusait de punir les violateursde la foi promise : dans cette extrémité, les malheureuxtisseurs résolurent de cesser tout travail pendant une se-maine; ils devaient, durant tout ce temps, se promenerpar la ville avec calme et décence, et ils convinrent qu’ilssalueraient affectueusement au passage tous ceux desfabricants qui s’étaient montrés généreux et amis de lajustice.

Mais cette modération même était de nature à enflerl’orgueil de leurs ennemis. Des provocations hautainesleur furent adressées. Un fabricant reçut un jour les ou-vriers avec ses pistolets sur la table. Un autre alla jusqu’àprononcer ces paroles : « S’ils n’ont pas de pain dans le« ventre, nous y mettrons des baïonnettes. » L’orageapprochait : il était inévitable.

Le dimanche, 20 novembre, une revue de la garde na-tionale devait avoir lieu sur la place Bellecour pour laréception du général Ordonneau. Cette revue mit enjeu,en les rapprochant, tous les éléments de discorde qui exis-taient au fond de la population lyonnaise.