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Tome troisième.
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CHAPITRE U.

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livrer, il est nécessaire de connaître le champ de bataille.I.a ville de Lyon , comme on sait, s'allonge entre deuxfleuves, le Rhône, qui coule à l'est, et la Saône , qui couleà l’ouest. Au nord, et sur une hauteur d’où l’on dominela ville de Lyon , est la ville de la Croix-Rousse, que lesouvriers en soie occupent presque tout entière. EntreLyon et la Croix-Rousse, sur un point plus élevé que laCroix-Rousse elle-même, est situé un plateau duquel des-cendent vers Lyon deux longues voies, l’une à gauche, laGrand'Côte, l'autre à droite, la montée des Carmélites.Ces deux voies principales sont réunies à leur extrémitéinférieure par la rue des Capucins, qu'habitent les fabri-cants, qui ont ainsi les ouvriers sur leurs têtes. Au nord,sur la rive occidentale du Rhône et le long des flancs dela Croix-Rousse, s'étendent les faubourgs de Saint-Clairet de Rresse. A l’est et au midi sont les quartiers des Rro-teaux et de la Guillotière, que le Rhône sépare de Lyon :à l'ouest se trouve le faubourg deSaint-Just, et, au midi,entre les deux fleuves, la presqu'île de Rerrache. LesRro-teaux et la Guillotière communiquent avec Lyon par troisponts jetés sur le Rhône , le pont de la Guillotière, le pontMorand et le pont Lafayette.

Cette topographie de Lyon , le lieutenant-général Roguetne la connaissait que très-imparfaitement. 11 était malade,d’ailleurs, et il lui eût été bien difficile de prévenir l'in-surrection.

Le lundi 21 novembre, de sept à huit heures du matin,les ouvriers en soie, au nombre de trois ou quatre cents,se rassemblèrent à la Croix-Rousse.

Ils avaient à leur tête un de leurs syndics et étaientarmésde bâtons. Leur but n'était en aucune sorte delivre