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Tome troisième.
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CHAPITRE II.

(il

énergiquement de signer des ordres pour la délivrancede quarante mille cartouches et de cinq cents gargousses.Il s'y refusa; mais autour de lui régnait une agitationformidable. On avait jeté sous ses fenêtres quatre cada-vres, et ce cri avait été poussé : « Voilà quatre victimes ;« il en faut une cinquième pour les venger ! » Ces parolesexprimaient un sentiment que tous les ouvriers ne par-tageaient pas. Plusieurs d'entre eux et Lacombe, un deleurs chefs, entourèrent le préfet de prévenances. Ils luioffrirent même de le faire évader sous un déguisement, àtravers des jardins. Une semblable tentative n'était paspour lui sans honte et sans périls. Vers la fin du jour,il se présenta aux ouvriers et leur dit : « Ecoutez-moi :« si vous croyez un seul instant que jaie trahi vos inté-« rèts, retenez-moi en otage; mais si vous n'avez rien à« me reprocher, laissez-moi retourner à mon adminis-« tration, et vous verrez ([ue je ne cesserai dagir en bon« père. » Émus par ce discours, les uns voulaient qu'onlui rendit la liberté; les autres plus soupçonneux, repous-saient tant de générosité comme une imprudence. Enfin,vers huit heures du soir, il fut relâché, et descendit àLyon au milieu d'une foule dans laquelle on murmuraitles mots de trahison, couverts, du reste, par des cris deVive le préfet! T ite le père des ouvriers !

M. Bouvier-Dumolard trouva dans la salle de l'Hôtel-de-Yille le lieutenant-général Roguet, auquel il tendit lamain. Réconciliation franche, mais tardive et stérile! Leplateau avait été abandonné par les artilleurs et lés dra-gons; on n'entendait plus que quelques coups de fusiltirés par intervalles ; mais le général Ordonneau, qui nedevait recouvrer sa liberté que dans la nuit, était encore