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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

au pouvoir des insurgés, et les tisseurs veillaient en armesà la Croix-Rousse, autour des feux quils y avaient allu-més, pleurant leurs frères morts et songeant aux ven-geances du lendemain.

Arrêtons-nous un instant pour noter une des plus dé-plorables singularités de cette journée fatale. On a vuquelles causes avaient poussé les ouvriers à linsurrection:aucune passion politique navait armé leurs bras, et ilscomprenaient peu à cette époque que leur sort put dé-pendre dune modification radicale dans les formes dugouvernement. Les hommes politiques, de leur côté, né-taient préoccupés que du désir de renverser le Pouvoir,et ne songeaient guère à donnera lordre social des basesnouvelles. Il nv avait donc aucun lien réel entre la classeouvrière et la partie la plus vive, la plus généreuse, de labourgeoisie. A Lyon , comme sur tous les points de laFrance , il y avait alors beaucoup de républicains, maispeu de vrais démocrates. 11 arriva donc que plusieurs ré-publicains sarmèrent contre les ouvriers. Par une erreurexcusable sans doute, mais funeste, ils crurent quil sagissait de sauver Lyon du pillage, et ils mirent à soutenirla lutte beaucoup de vigueur et de bravoure. Plusieursfurent blessés, d'autres tués, et, parmi ceux-ci, 51. Schir-mer, un des plus honorables fabricants do Lyon . Çepen-nant, le mardi, on vit aussi des républicains se ranger ducôté des ouvriers. De sorte que des hommes étroitementliés dopinion et damitié se trouvèrent, sans le savoir,ceux-ci dans un camp, ceux- dans un autre. Malenten-dus trop fréquents et qui fournissent à l'histoire desguerres civiles ses plus affreux épisodes !

Le mardi 22, le lieutenant-général Roguet fit afficher