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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

garde nationale, sous le commandement du lieutenant-généralcomte Roguet, ont e'té forcées, afin d’éviter l’effusion du sang etles horreurs de la guerre civile, d’évacuer à deux heures l’IIOtel-deVille , l’arsenal et la poudrière, positions qu’elles occupaient encore,et de se retirer hors la ville par le faubourg Saint-Clair ;

« 2° Que, nous ci-dessus dénommés, avons été contraints égale-ment de laisser occuper le poste de l’Hôtel-de-Yille par les troupesde l’insurrection qui étaient maltresses sur tous les points;

« 3° Qu’en ce moment, la désorganisation la plus complète règnedans la ville, que l'insurrection domine tous les pouvoirs, et queles lois, les magistrats, sont sans force.

« Fait à l’hôtel de la préfecture, les heure, jour et an susdits.

« Signé : Dumolard, Boisset, E. Gautier,Duplan. »

Les signataires de cette triste déclaration n’avaient pasplutôt abandonné l’Hôtel-de-Ville, que les insurgés s’yprésentèrent. Les portes leur en furent ouvertes par l’ac-teur Quériau ; quelques aventuriers s’y établirent avecquelques chefs de section, sous le titre d’état-major pro-visoire. Le gouvernement de Lyon se trouva alors partagéentre Lachapelle, Frédéric, Charpentier , chefs des ou-vriers, etPérénon, Rosset, Garnier, Dervieux, Filhol,hommes que la population ouvrière ne connaissait pas,mais qui prenaient dans la victoire du peuple la place quiappartient, aux jours de trouble, à quiconque est auda-cieux.

Qu'allait faire ce pouvoir insurrectionnel? Lachapelle,Frédéric et Charpentier , n’avaient guère vu dans la luttequ'une question de tarif. Pérénon, Rosset, Garnier, Der-vieux, Filhol, n’y avaient vu, de leur côté, qu’une fortesecousse politique. Ceux-là voulaient que le sort matérieldu peuple fût amélioré ; ceux-ci, que la monarchie fîtplace