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Tome troisième.
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CHAPITRE 11.

6t)

« la poudre me rend à la vie; je suis bien mieux ici que« dans les salons de riIûtel-de-Ville. » Puis il donnal'ordre d'enfoncer les barricades à coups de canon Lanuit était sereine, et la lune faisait étinceler le fer desbaïonnettes. Toutes les cloches sonnaient. Le cri auxarmes! répété de bouche en bouche le long des faubourgs,y produisit comme un soudain embrasement. Les fenêtresse garnirent d'insurgés. Forcés de ramper sous le feu desassaillants, à travers d’innombrables barricades que l'ar-tillerie ne suffisait pas à renverser, les troupes arrivèrentenfin à Montessuv, attristées, haletantes, traînant leurscanons et portant leurs blessés. Le général Fleury avaitreçu une balle, et vu tomber à ses pieds son aide-de-campmortellement frappé. La lutte fut sanglante dans ce fau-bourg, mais la guerre civile venait d’y atteindre ses der-nières victimes, et d'y pousser son dernier cri.

Cependant, l'autorité qui avait son siège à l'Hûtel-de-Ville, hésilaitépouvantée. Autour du quartierdes Terreauxs'élevait une rumeur orageuse. Le préfet et les membresde la municipalité lyonnaise résolurent de se retirer, àleur tour, et de se rendre à l'hôtel de la préfecture oùils rédigèrent la déclaration suivante, qui n'a jamais étépubliée, et qui était comme le testament du pouvoir àFagonie :

« Cejourd’hui mercredi, vingt-trois novembre mil huit centtrente-un, deux heuresdu matin ;

« Nous, soussignés, re'unis à l’hdtcl de la préfecture, de'claron set certifions les faits suivants :

« 1° Qu’à la suite des événements funestes qui ont eu lieu dansla ville pendant les journées des 21 et 22 de ce mois, toutes lesforces militaires de toute arme, celles de la gendarmerie et de la