CHAPITRE III.
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de mer contre les fabriques de l'intérieur, les provincesdu Midi contre celles du Nord, bordeaux contre Paris;ici, des marchés qui s’engorgent, désespoir du capitaliste;là, des ateliers qui se ferment, désespoir de l’homme demain-d’œuvre : le commerce devenu un trafic de rusespermises et de mensonges convenus ; la nation marchantà la reconstitution de la propriété féodale par l’usure, età l’établissement d'une oligarchie financière par le crédit ;toutes les découvertes de la science transformées enmoyens d’oppression, toutes les conquêtes du génie del'homme sur la nature transformées en armes de combat,et la tyrannie multipliée en quelque sorte par le progrèsmême; le prolétaire, valet d'une manivelle, ou, en cas decrise, cherchant son pain entre la révolte et l’aumône; lepère du pauvre allant, à soixante ans, mourir à l'hôpital,et la fille du pauvre, forcée de se prostituer à seize anspour vivre, et le fils du pauvre réduit à respirer, à septans, l’air empesté des filatures pour ajouter au salaire dela famille; la couche du journalier, imprévoyant par mi-sère, devenue horriblement féconde, et le prolétariat me-naçant le royaume d’une inondation de mendiants. Voilàquel tableau présentait alors la société.
D'un autre côté, plus de croyances communes, nul atta-chement aux traditions, l’esprit d’examen niant toutechose sans rien affirmer, et pour religion l’amour du gain.La nation étant ainsi tournée au mercantilisme, il étaitnaturel qu’on y fît du mariage une spéculation, un objetde négoce, une manière d’entreprise industrielle, unmoyen d'achalandage pour quelque boutique. Et commele mariage, quoique contracté de cette façon hideuse,avait été déclaré indissoluble par la loi, la faculté du di-