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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

vorce était, à Paris et dans les grandes villes, supplééepresque toujours par l’adultère. Aux désordres nés, dans lafamille, de la fragilité du lien conjugal, se joignaientles scandaleux débats qu’enfante la cupidité entretenuepar le désir d’hériter; et chaque jour les feuilles judiciairesétalaient aux yeux du public le triste spectacle de frèresse disputant par lambeaux l’héritage paternel, ou mômede fils s’armant contre leur mère, devant des juges à quil’habitude de ces odieuse luttes avait fini par en masquerl’horreur. Au sein des classes laborieuses, la dissolutionde la famille avait une origine différente, mais un carac-tère encore plus déplorable. Dans le registre de la prosti-tution, la misère figurait comme l’aliment principal delàdébauche. Le mariage étant, pour le prolétaire, un ac-croissement de charges et le libertinage un étourdissementde la douleur, la pauvreté ne faisait que s’accoupler avecla pauvreté ; de sorte qu’on était dans une voie où lamisère engendrait le concubinage et le concubinage l’in-fanticide. Autre calamité : s’il arrivait au pauvre de semarier, il était bientôt forcé de ne chercher dans la pa-ternité qu’un supplément de salaire, et d’envoyer dansdes manufactures où la santé du corps se pçrd par l’excèsdu travail, et la santé de l’àme par le contact, des sexes,ses enfants à peine arrivés à l’âge où l’on a le plus besoind’air, de mouvement et de liberté. Aussi vovait-on sepresser chaque jour, dès cinq heures du matin, à l’entréede toute filature, une foule de malheureux enfants, pâles,chétifs, rabougris, à l’œil terne, aux joues livides, etmarchant le dos voûté comme des vieillards. Carie régimesocial, fondé sur la concurrence, se montrait à ce pointcruel et insensé qu’il avait pour effet, non-seulement