CHAPITRE III.
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production des bénéfices exorbitants, n'acceptait pas lepapier du pauvre ; elle forçait le petit commerçant à tra-verser, pour arriver jusqu’à elle, les hideux réduits del’usure; elle ne justifiait enfin que par l'appui qu’elleprêtait aux plus forts contre les plus faibles, l’avare jouis-sance du plus précieux des monopoles.
De ce triste état de choses devaient naturellement sor-tir des tentatives d’innovation. C'est ce qui arriva.
Nous exposerons plus tard, et au moment où elle futmanifestée avec éclat, la théorie qu’élaborait déjà depuislong-temps, dans l’ombre et la solitude, Charles Fouricr,homme de génie qui devait mourir pauvre et ignoré. Maisà l’époque où nous sommes arrivé, les idées de ce penseurpersévérant n’étaient connues que d'un fort petit nombred'adeptes ; et la scène était occupée tout entière par l’é-cole saint-simonienne.
Il fut donné à cette école de réhabiliter le principed’autorité, au milieu des triomphes du libéralisme; deproclamer la nécessité d’une religion sociale, alors que laloi elle-même était devenue athée; de demander l'organi-sation de l'industrie et l’association des intérêts, au plusfort des succès mensongers de la concurrence. Avec uneintrépidité sans égale, avec une vigueur soutenue par untalent élevé et de fortes études, cette école mit à nu toutesles plaies du siècle, elle ébranla mille préjugés, elle remuades idées profondes , elle ouvrit à l'intelligence une car-rière vaste et nouvelle.. L’influence qu’elle exerça futgrande et dure encore. Il importe donc de dire ce quefurent les saints-simoniens, ce qu'ils accomplirent, cequ'ils apportèrent à une société troublée, de vérités oud'erreurs, et à quelle source furent puisées, de quelle ma-