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HISTOIRE DE DIX ANS.
D'aussi grands maux appelaient d’énergiques remèdes :on n’avait su en trouver aucun qui ne fût une aggravationdu mal.
On établissait des tours pour empêcher les mères detuer l’enfant qu’elles ne pouvaient nourrir ; mais les toursdevenaient un encouragement à la débauche, et le nombredes enfants trouvés qui, le 1 er janvier 1784 , n'avait étéque de 40.000, s’élevait en 1834 à 130,000.
On construisait des pénitenciers pour y apprendre lavertu à ceux qui avaient reçu de la misère l’éducation ducrime ; mais c’était un système bien imprévoyant que celuiqui montrait au criminel une sollicitude sur laquelle lepauvre n’avait pas droit de compter, que celui qui atten-dait le meurtre avant de moraliser le meurtrier, que celuiqui à deux pas de l’atelier où il laissait les enfants se cor-rompre, élevait la prison où devaient être catéchisés desscélérats en cheveux blancs.
On fondait des caisses d’épargne pour solliciter l’ou-vrier à l'économie -, mais, dans un milieu où la premièrede toutes les maximes était celle-ci : « chacun pour soi,« chacun chez soi, » l'institution des caisses d’épargnen'était bonne qu'à rendre le pauvre égoïste , qu'à briserdans le peuple ce lien sacré que noue entre les êtres quisouffrent la communauté des souffrances. 11 y avait, d'ail-leurs, quelque chose de dérisoire à recommander au tra-vailleur des économies que lui interdisait fatalement samisère. Au31 décembre 1830,sur 163,190livrets,74,835appartenaient à des déposants non ouvriers, et, pour laplupart, domestiques.
On promettait à la banque de France le renouvellementde son privilège; mais cette banque, qui prélevait sur la