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Tome troisième.
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CHAPITRE III.

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Ainsi, le mode de répartition proposé par les saint-si-moniens était en contradiction formelle avec le noble butpar eux-mêmes indiqué : l’association universelle fondéesur l’amour. Ce n’est pas tout. Lorsqu’on leur demandaitqui serait juge des capacités et de quelle manière ils en-tendaient la constitution du pouvoir, ils répondaient sanshésiter : « La loi, aux époques critiques, n'est qu’une« lettre morte, et c’est à cette lettre morte qu’on obéit ;« mais il faut aux époques organiques une loi qui se con-« fonde avec le législateur, une loi vivante.Celui-là gou-« vernera qui se sentira le plus capable et saura se faire« accepter pour tel. » De sorte qu’ils avaient en vue undespotisme personnel et pacifique ayant sa source dansl’adhésion toute volontaire des gouvernés; ce qui pouvaitêtre exprimé par cette formule : le chef sera le plus ai-mant et le plus aimé. Or, moins inconséquents dans leursdoctrines, les saint-simoniens auraient compris que, dansun système où la richesse sociale n’est pas distribuéed’une façon purement fraternelle, et où la science éco-nomique n’est point calquée sur les règles delà famille, lepouvoir du plus aimant et du plus aimé est chimérique etimpossible. Car, charger le pouvoir de répartir inégale-ment les fruits du travail social, c’est l’exposer à des cri-tiques amères et lui préparer des obstacles sans nombre ;lui attribuer le droit d’avoir des préférences, c’est lui fairedes ennemis. L’exercice de l’autorité personnelle renduetôt ou tard odieuse, la haine s’introduisant dans l’asso-ciation à la suite de la jalousie et l’anarchie à la suite dela haine, c’étaient là les conséquences inévitables du clas-sement des capacités, pour peu qu’on le fit correspondreà l’inégalité des parts. Et, arrivé là, que devenait le sys-