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HISTOIRE DE DIX ANS.
tème? II fallait ou qu’il se maintînt par la contrainte, ouqu’il s’écroulât.
On verra un peu plus bas comment de cette erreur fon-damentale : A chacun suivant sa capacité, à chaque capa-cité suivant ses œuvres , découlèrent d’autres erreurs, quicommencèrent par la transformation du saint-simonismeet finirent par sa ruine. Mais, avant d’aborder la secondephase de l’existence de l’école saint-simonienne, il im-porte de dire quelques mots de son rôle extérieur et del’action qu’elle exerça sur la société.
La révolution de juillet avait imprimé au saint-simo-nisme une impulsion singulièrement énergique. Ce quin’avait été d’abord qu’une école était maintenant une fa-mille. Unissant à l’autorité d’une instruction solide et auxgrâces de l’esprit la passion du prosélytisme, hommes dumonde et sectaires, les premiers adeptes s’étaient répan-dus dans toutes les directions, promettant aux orateursun théâtre sonore, tentant les poètes et les artistes parl’appât d’une renommée facile, prouvant aux savants quela science du libéralisme était fausse et vide, sans portéecomme sans entrailles, parlant aux femmes de beaux-arts, d’amour et de vraie liberté. Le succès de ces tenta-tives avait été rapide; après les conquêtes individuelles,on avait pu songer aux conquêtes collectives. La hiérar-chie était fondée : le Collège d’abord, puis le deuxièmedegré, puis le troisième degré. Le Globe , que la retraitedes doctrinaires qui le rédigeaient avait laissé aux mainsde M. Pierre Leroux , penseur éminent et grand écrivain,le Globe était devenu le journal quotidien de l’école, déjàen possession de VOrganisateur. Il avait fallu de l’argent :les dons affluèrent. M. d’Eiehtal avait fourni ur.e somme