CHAPITRE III.
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considérable. À une lettre de Bazard-Enfantin, M. HenriFournel , qui se trouvait alors au Creuzot, avait répondusur-le-champ par l’offre de sa fortune, et la réponseportait : Henri et Cécile Fournel, pour leur enfant. Dansune société envahie par le plus grossier mercantilisme,c’était une chose merveilleuse et touchante que cet élan.La plupart des journaux, à cette époque, n’étaientque des spéculations : le Globe fut distribué gratuite-ment.
Mais c’eût été trop peu pour le zèle dont les adeptes sesentaient animés : aux modestes conférences qui, avantla révolution de-juillet, s’étaient tenues rue Taranne, suc-cédèrent les prédications bruyantes de la rue Taibout.Là, des hommes pleins d’éloquence, comme MM. Bar-rault, Charton, Laurent, Abel Transon , venaient exercerla souveraineté de la parole. Bien de plus curieux que lespectacle de ces assemblées. Autour d’unevaste salle, sousun toit de verre, tournaient trois étages de loges. Devantun amphithéâtre dont une foule empressée couvrait dèsmidi, tous les dimanches, les banquettes rouges, se pla-çaient sur trois rangs des hommes sérieux et jeunes,vêtusdebleu, et parmi lesquels figuraient quelques damesen robes blanches et en écharpes violettes. Bientôt parais-saient conduisant le prédicateur, les deux Pères suprêmes,MM. Bazard et Enfantin. A leur aspect, les disciples selevaient avec attendrissement; il se faisait parmi les spec-tateurs un grand silence plein de recueillement ou d’iro-nie, et l’orateur commençait. Beaucoup l’écoutaient d’a-bord avec le sourire sur les lèvres et la raillerie dans lesveux; mais, quand il avait parlé, c'était dans toute l’as-semblée un étonnement mêlé d’admiration ; les plus scep-