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Tome troisième.
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CHAPITRE III.

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aventureux; à la lenteur méthodique de'Bazard, il oppo-sait une impatiente, une inépuisable initiative; mais ceque Bazard cherchait dans le maniement des ressourcesprésentes, dans l’emploi des ressorts politiques, et ce qu’ilaurait attendu, au besoin, de la force, Enfantin voulaitl’obtenir par l’ascendant de l’audace intellectuelle et parles victoires pacifiques delà séduction. Le premier se sen-tait tribun, le second se faisait apôtre. Le premier se seraitvolontiers renfermé dans l’emploi de la logique et de lascience; le second tendait à faire accepter sa dominationen ajoutant au raisonnement le mysticisme. L’organisationd’Enfantin était donc plus complète. Ajoutez à cela qu’ilétait d’une beauté rare, d’une sérénité incomparable, etqu’il possédait l’art de justifier par la dialectique la plusserrée les plus surprenants paradoxes.

Tant que l’école s’était contentée de développer la partiedogmatique du saint-simonisme, l’action de Bazard avaitété prépondérante; il avait même contraint son collègue àsigner avec lui, en faveur de l’institution du mariage, unedéclaration publique que désavouait intérieurement En-fantin. Mais Bazard se trouvait lancé dans une carrière oùil lui était interdit de s’arrêter. Quelle était, en effet, lapensée de Saint-Simon ? Que la solution du grand problèmeconsistait à trouver un lien religieux entre le pouvoirspirituel et le pouvoir temporel, ou bien, entre la scienceet l’industrie. De sorte qu’en proclamant la nécessité d’or-ganiser l’industrie conformément auxlois de l’association,et en affirmant le principe du classement des capacités,les saint-simoniens se trouvaient n’avoir accompli qu’unemoitié de la tâche. 11 fallait aller plus avant ; il fallait, sui-vant l’impulsion donnée par les lettres éloquentes d’Eu-

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ni.