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HISTOIRE DE DIX ANS.
bien résolus à abandonner celle d'Enfantin, et parmi les-quels on comptait MM. Pierre Leroux, Jean Reynaud ,Charton, Jules Lechevalier , Carnot, Fournel, Abel Tran-son. Enfantin prit la parole, et, après avoir dit les causesde la sourde mésintelligence qui existait depuis long-tempsentre Bazard et lui, il exposa ses idées sur la réhabilitationde la chair, sur le divorce considéré comme aspiration àun amour plus noble, sur les fonctions réservées au prêtresaint-simonien, soit homme, soit femme, sur la nécessitéenfin de rendre la femme l’égale de l’homme dans l’Étataussi bien que dans la famille, et dans le temple aussi bienque dans l’État. « Toutefois, ajoutait-il, ce n’est point une« loi que je vous donne, une doctrine, un enseignement« à faire ; c’est seulement l’opinion d’un homme que
« j’exprime. La loi morale de l’avenir ne peut être
« révélée sans la femme. Jusque-là, je déclare que tout« acte qui, aujourd’hui, dans le sein de la doctrine, serait« de nature à être réprouvé parles mœurs et par les idées« morales du monde qui nous entoure, serait un acte« d’immoralité, car il serait funeste à la doctrine en
* général; et pour moi, personnellement, je le regarde-
* rais comme la preuve de désaffection la plus grandek qu’un de mes enfants puisse me donner. » Mais c’étaittrop peu d’une semblable réserve pour atténuer, aux yeuxdes dissidents, le danger des insinuations d’Enfantin. L’in-terrompant avec vivacité, M. Pierre Leroux proteste aunom du Collège et annonce qu'il va se retirer. M. JulesLechevalier déclare que puisque, d’après les aveux d’En-fantin lui-même, la morale de la doctrine n’est pas encoretrouvée, il n’est pas possible de songer à constituer lafamille saint-simonienne et que tout reste à l’état d’élabo-