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HISTOIRE DE DIX AXS.
sultat utile : celui de màter les vues ambitieuses de laCour de Vienne, en lui montrant qu’on n'entendait pasquelle changeât en droit de conquête sa sollicitude pourle souverain pontife.
Quoi qu’ît en soit, le redoublement d’attaques auquell’exposaient même les mesures dont il espérait le mieux,avait jeté Casimir Périer dans un état d’exaspération quile rendait pour tous les siens un objet de compassion oude terreur. Tantôt abattu et se traînant à peine, tantôtexalté jusqu’au délire, il semblait n’avoir plus de vie quepour la haine. Rien n’avait pu apaiser la-soif de despo-tisme qui était en lui : ni l'humilité de ses collègues qu’ilfaisait mouvoir d’un signe, ni son empire sur la Chambre,dont sa voix soulevait et calmait tour à tour les passions,ni l’insolence des courtisans par lui seul enchaînée, ni leségards du roi lui-même, forcé de subir en silence l’injurede son dévoùment. Ainsi martyr de son orgueil, il luiarriva souvent de donner à ceux qui l’approchaient desspectacles singuliers et terribles. Une nuit, mandé par luisecrètement, M. le docteur De Laberge accourt au minis-tère de l’intérieur. Casimir Périer était au lit. Des bougiesbrûlaient dans l’appartement du ministre et éclairaientson visage profondément altéré. « Lisez, dit-il à. M. De« Labergé, en lui tendant un cahier; voici ma réponse« aux attaques dirigées hier contre moi par M. Laffitte.« Lisez et donnez-moi votre avis. » M. De Laberge trouvale discours empreint d’une animosité blâmable, s'en ex-pliqua franchement, et fut prié par le ministre d’adoucirce que pouvaient avoir de trop acerbe des expressionséchappées à la colère. Tout-à-coup la porte s’ouvre, unofficier de dragons paraît, apportant une lettre du roi ;