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Tome troisième.
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CHAPITRE IV.

H9

CasimirPérier saisit la lettre, la lit rapidement, la froisse,la roule entre ses mains, et la jetant loin de lui avec vio-lence : « il n’y a pas de réponse, crie-t-il à l’oflicier, qui se« retire interdit. — On croit le président du conseil fou,« ditM. De Laberge ; voici un homme qui pourra le cer-« tifier. » Casimir Périer ne s’offensa point de la rudessede ces paroles, et se tournant vers M. De Laberge, dont ilhonorait le patriotisme et la franchise : « Si vous saviez ce« que contient cette lettre! Ramassez-là et lisez. — Dieu « m’en garde! répondit le docteur, qui connaissait l’es-« prit soupçonneux du ministre; dans l'état d'irritation où« vous êtes, vous pourriez confier ce secret à d’autres, et« m’en imputer ensuite la violât ion. « Alors Casimir Périer parla des chagrins amers et mystérieux dont sa vie politi-que était semée : « La Chambre ignore, dit-il, à qui j’ai« affaire ! » et après quelques instants de silence : « Que« n’ai-jedesépaulettes!—Eh ! qu'avez-vous besoin d’épau-« lettes, s'écria M. De Laberge ? » A ces mots, Casimir Périer se dresse sur son séant, la lèvre pâle, l’œil enflammé, re-pousse vivement la couverture de son lit, et montrant sesjambes amaigries, dont sesdoigtsdéchiraientla peau, h Eh !« ne voyez-vous pas que je ne suis plus qu’un cadavre? »11 était impossible que la politique deCasimir Périer ne seressentit pasde cet étrange état d’exaltation. Et, comme lessubalternes se plaisent toujours à outrerlesdéfautsdeleurssupérieurs, le Pouvoir avait revêtu, à tous les degrés, un dé-plorable caractère de haine et de brutalité. Des troublesattristèrent successivement les villes d’Alais, de Mmes, deClermont, deCarcassonne. Mais plus les populationssemon-traient mécontentes , plus l’autorité se montrait impi-toyable.