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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Le 11 mars 1832, une mascarade représentant le bud-get et les deux crédits supplémentaires , sortit de Grenoble par la porte de France, se dirigeant vers l’Esplanade où legénéral Saint-Clair passait en ce moment la revue de lagarnison. Cette mascarade était interdite par les règle-ments, mais- fondée sur un ancien usage ; elle ne se com-posait, d’ailleurs, que de dix ou douze jeunes gens dont taplupart étaient seulement déguisés. Après s'ôtre répandusgaîment sur la roule de Saint-Martin, ils se disposaient àrentrer dans la ville, suivis d’une foule nombreuse, lors-qu’ils aperçurent, rangés devant la porte, des grenadiersqui leur barraient le passage. Grenoble avait pour préfetM. Maurice Duval, administrateur d'un caractère absolu,élevé à l’école de l'Empire, et fanfaron d’impopularité.Quelques jeunes étourdis parcourant la ville avec desemblèmes politiques, lui avaient paru sans doute une écla-tante occasion de faire étalage de force : car, sans con-voquer la garde nationale, sans avertir le maire, il s’étaitadressé aux commissaires de police et avait requis le lieu-tenant-général Saint-Clair de se tenir prêta faire prendreles armes aux soldats. Sur son ordre, transmis au com-missaire de police Vidal, les grenadiers s'étaient mis enmouvement pour empêcher la rentrée des masques. Ceux-ci insistant, les soldats croisent la baïonnette. Presséeentre les soldats, les chevaux et les voitures, la foule s’ir-rite ; des cris retentissent, quelques pierres sont lancées,et pour éviter une collision, l’adjudant de la place faitfermer la porte. Mais, au dehors, la foule s'entassait etgrondait. Le colonel Bosonier de Lespinasse accourt, or-donne que la porte soit ouverte, et la multitude se préci-pitant dans la ville, les masques disparaissent.

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